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Coronavirus : vaccins, traitements, immunité… comment se terminent les épidémies ?


De la peste d’Athènes, première pandémie documentée de l’histoire, en passant par la grippe espagnole et jusqu’au coronavirus, les épidémies n’ont cessé d’envahir le monde en se calquant sur les déplacements des hommes. Mais comment se sont-elles terminées ? Et quelles leçons peut-on en tirer au regard de la crise sanitaire actuelle ?

Affronter, isoler, traiter. D’une façon générale, tel est le triptyque sur lequel les hommes se sont appuyés pour combattre les maladies qui, au fil du temps, se sont présentées à eux.  

L’immunité

Au cours de son évolution, l’être humain a en ainsi eu d’abord eu tendance par être immunisé contre la plupart des maladies infectieuses en étant directement confronté à elles.

Concrètement, lorsqu’une épidémie survient, le virus finit ainsi par s’éteindre de lui-même une fois qu’une grande partie de la population est tombée malade. Raison en est à ce qu’il n’a tout simplement plus personne à contaminer.

La littérature scientifique cite à cet égard le cas de la variole en France au début du XVIIIe siècle. Selon plusieurs historiens de la médecine, les survivants étaient ainsi très bien immunisés contre cette maladie ce qui a permis d’empêcher le départ de nouveaux foyers d’infection dans certaines régions, voire d’une génération sur l’autre. 

Mais ce principe dit de l’immunité collective a plusieurs limites. Il peut en effet y avoir des milliers de morts avant que la population ne soit immunisée. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé avec l’épidémie de grippe espagnole, qui entre 1918 et 1920, tua jusqu’à 50 millions de personnes avant de disparaître.

Dans le cas du coronavirus, certains Etats, comme la Suède, s’étaient également engagés dans cette voie avant de faire marche arrière.

«En France, pour atteindre l’immunité collective, il aurait fallu que 67 % des Français aient été contaminés par le SARS-CoV-2. Dans le même temps, 0,8 % en seraient morts. Cela représente près de 180.000 victimes. Un nombre absolument énorme et humainement insupportable», explique à CNEWS Catherine Hill, épidémiologiste à l’Institut Gustave Roussy de Villejuif (Val-de-Marne).

«On peut toujours échafauder des stratégies dans lesquelles seulement les personnes jeunes, celles qui sont considérées les moins à risque, seraient contaminées, mais il y aurait toujours des morts, sans parler du fait que cela est compliqué à appliquer dans la réalité», complète la spécialiste.

la quarantaine

Autre méthode éprouvée au cours de l’histoire pour combattre les épidémies et remise au goût du jour : les quarantaines qui consistent à isoler les malades du reste de la population.

Historiquement, les quarantaines sont apparues depuis la fin des années 1300 d’abord dans les ports, puis dans les villes.

«C’est de cette façon que l’on est parvenu à juguler la peste, en évitant aux gens de circuler. La leçon que l’on peut en tirer pour le Covid-19 reste la même, c’est-à-dire qu’il faut trouver les gens contagieux et les confiner», indique encore Catherine Hill.

Mais l’épidémiologiste déplore un retard à l’allumage en France. «On n’a pas cherché à isoler les malades au début de l’épidémie parce qu’on n’a pas testé massivement la population. Or, on constate que les pays qui dès le départ ont testé massivement leur population ont eu beaucoup moins de morts», résume-t-elle.

Aujourd’hui, Catherine Hill recommande d’ailleurs aux autorités françaises de tester beaucoup plus massivement et en ciblant davantage les profils.

D’après elle, la recherche des foyers comme elle est faite aujourd’hui en France est «une erreur» dans la mesure où remonter les cas aux seuls proches d’un malade au cours des sept derniers jours ne résout pas le problème.

«Cet intervalle peut constituer une passoire dans laquelle les cas contacts les plus éloignés du malade passent au travers. Sachant que les gens sont contagieux pendant dix à douze jours, le virus lui continue sa route. C’est pourtant une véritable course contre la montre qui se joue», insiste-t-elle.

Sur la question des tests, le docteur Vincent Enouf, directeur adjoint du Centre National de référence de la grippe à l’Institut Pasteur, également sollicité par CNEWS, se montre de son côté plus pondéré.

«Tester tout le monde tout le temps pourrait en effet permettre d’éviter qu’un nouveau foyer épidémique ne reparte, c’est certain. Encore faut-il que derrière, au niveau des laboratoires, tout soit vraiment fait dans les règles de l’art pour éviter de mauvaises interprétations. Pour moi, la question ce n’est pas tant de faire plus de tests ou moins de tests, c’est surtout s’assurer au préalable que les tests soient de bonne qualité», estime-t-il.

Mais enfin, même lorsque les malades sont dépistés et isolés, la quarantaine ne constitue pas une panacée. De tout temps, et on l’a vu encore avec le confinement, certaines personnes isolées ont en effet cherché à contourner les règles prenant du même coup le risque de contaminer les personnes qu’elles croisent sur leur route. 

Les traitements et le vaccin

Au cours de la période récente, soit à partir de la fin du XIXe siècle, c’est surtout la recherche épidémiologique qui va permettre de porter un coup sérieux aux épidémies et de changer la donne. 

Le principe : chercher l’origine du virus, l’isoler le traiter. Et c’est ce qu’a fait en 1849, le docteur britannique John Snow qui, en appliquant cette méthode, découvre dans un quartier de Londres que le choléra se diffuse par une pompe à eau. Une clairvoyance qui le fera passer à la postérité comme le tout premier épidémiologiste de l’histoire.

Mais c’est en France que s’opérera véritablement un tournant révolutionnaire avec la mise au point, par Louis Pasteur en 1885, du premier vaccin au monde.

Vacciner, c’est introduire dans l’organisme humain un microbe ou un virus rendu inoffensif afin de stimuler la mémoire immunitaire. Et c’est précisément ce que fera le scientifique français en mettant au point le premier vaccin contre la rage.

Aujourd’hui, à l’aune du coronavirus, c’est toute la recherche mondiale qui est mobilisée jour et nuit et qui s’échange des données et des travaux en temps réel dans cet objectif. La mise au point d’un vaccin efficace est en effet la seule solution pour éradiquer le SARS-CoV-2 responsable de la maladie Covid-19.

Si elle se montre prudente, Catherine Hill estime que l’on finira à terme à fabriquer un vaccin, même si elle ne se hasarde pas à donner un délai, qu’elle estime «impossible» à évaluer. 

«De nombreux projets sont en cours et quelque-chose va certainement ressortir de tout cela même si on ne peut pas encore savoir quel sera le principe et la nature du sérum retenu», dit-elle.

Même son de cloche pour Vincent Enouf qui, bien que soulignant qu’aucun vaccin contre un coronavirus n’a jusqu’à présent été créé, se montre plutôt optimiste «au regard du nombre de projets en cours (environ 200, NDLR), ce qui suggère qu’un ou plusieurs sérums efficaces soient disponibles à l’arrivée en espérant que industries pharmaceutiques se mettent d’accord pour le ou les diffuser au plus grand nombre». 

Des infirmières s'équipent avant de procéder à un dépistage du coronavirus à Anvers (nord de la Belgique) le 27 juillet 2020 [JOHN THYS / AFP]

De même, il n’est pas non plus exclu qu’en l’absence de vaccins, ou a fortiori en complément de ces derniers, des médicaments efficaces soient mis au point et fassent du Covid-19 une maladie presque banale. L’exemple du VIH est à cet égard des plus frappants. Car s’il n’existe toujours pas de vaccin contre la maladie du sida, des antirétroviraux, bien que parfois lourds, ont permis d’en faire une maladie chronique, au point même chez certains patients de rendre le virus indétectable dans le sang.

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