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Coronavirus : Qu’est ce que la «réserve Covid» de l’AP-HP ?

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Confrontée à la pression écrasante de l’épidémie et à la menace de saturation des services de réanimation, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) se prépare désormais à engager la totalité de sa «réserve covid» dans la bataille.

Equivalent interne et francilien de la réserve sanitaire nationale, il s’agit d’une cohorte d’environ 700 infirmiers volontaires de la région, qui ont suivi une formation accélérée pour avoir les notions de base afin de prêter main forte dans les services de réanimation. «En binôme systématique avec un infirmier expert en réanimation», précise-t-on à l’AP-HP, ces soignants sont ainsi chargés de la surveillance des fonctions vitales, de la préparation et de la distribution des médicaments ou encore de mesurer les pressions. Ils viennent «majoritairement» des services de bloc opératoire et de chirurgie, les plus similaires à la réanimation.

Cette «réserve Covid», dont la formation en urgence a été lancée dès la première vague, en mars dernier, fait désormais figure de seul renfort que peut encore espérer l’AP-HP. Le virus circulant dans toute la France, les hôpitaux franciliens ne peuvent plus bénéficier de la bonne volonté de soignants volontaires venus d’autres régions. Idem pour ceux de la réserve sanitaire française, déjà présents au front en nombre, comme l’a indiqué sa responsable Catherine Lemorton, début octobre à La Croix : «les soignants sont déjà très occupés ailleurs, voire débordés. Il faut savoir que l’immense majorité de nos 42 000 réservistes sont des professionnels en activité».

Les réanimations aux trois-quarts pleines

Face aux 842 malades pour 1.130 lits et un taux d’occupation de 75 % de ces réanimations, selon les données fournies à CNews par l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France ce mercredi 28 octobre, tous les infirmiers de la «réserve Covid» vont devoir monter au front. «On a commencé à les mobiliser dans certains hôpitaux, comme celui d’Henri-Mondor, à Créteil», a indiqué Pierre-Emmanuel Lecerf, directeur général adjoint de l’APHP, mardi 27 septembre au soir sur France Bleu Paris. Et le dirigeant d’anticiper : «Cette semaine, pour atteindre le troisième palier qui est d’environ 700 lits de réanimation Covid à l’AP-HP, nous pouvons nous attendre à ce que l’ensemble de la réserve sanitaire interne soit mobilisée».

Et pour cause, Aurélien Rousseau, le responsable de l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France, a déclenché lundi 26 octobre le passage au palier 3 du «plan blanc» dans les hôpitaux. Concrètement, l’objectif de cette mesure, qui doit être effective d’ici à la fin de cette semaine, est d’installer près de 700 nouveaux lits de réanimation. La région parisienne passera alors de 1130 actuellement à 1775 lits de réa (soit une hausse de 57 %). En sachant que l’AP-HP représente un peu moins de la moitié des capacités de lits de réanimation franciliennes.

Toutefois, ces dispositifs lourdement médicalisés nécessitent du matériel et surtout des soignants. Ainsi, dans un service de réanimation, un infirmer ne peut s’occuper que de 2,5 patients et un aide-soignant de 4 patients. La solution est donc de déprogrammer des opérations, pour que des infirmiers et aides-soignants d’autres services puissent aller aider en réanimation. Résultat : les hôpitaux franciliens vont devoir déprogrammer jusqu’à 60 % des opérations. Or, certains établissements sont déjà à 80 % de déprogrammations… Soit le niveau qui avait été atteint en mars, au plus fort de la première vague.

Et le directeur général adjoint de l’AP-HP entend encore faire monter en puissance sa «réserve Covid» en puissance si besoin : «s’il faut faire des formations supplémentaires pour mobiliser davantage, nous le ferons. Nous serons prêts dans les 24h pour les monter», a assuré Pierre-Emmanuel Lecerf. D’importantes questions demeurent toutefois en suspend concernant la qualité de la formation reçue par ces volontaires. Pour travailler dans un service de réanimation, il faut en effet 11 ans pour former un anesthésiste, entre 3 et 4 ans pour un infirmier et 10 mois pour un aide-soignant. Contre «trois jours de théorie et un stage immersif dans un service de réanimation», selon l’AP-HP, pour sa réserve Covid.

«un risque de sur-hospitalisation et de sur-mortalité»

«Ces formations spécifiques peuvent être efficaces. Mais c’est surtout l’expérience et l’habitude qui sont indispensables en réanimation», nous explique le docteur Etienne Fourquet, président du Syndicat des anesthésistes-réanimateurs. Selon lui, l’ajout de volontaires risque potentiellement de «désorganiser les équipes en y incluant de nouveaux soignants qu’il faut former. C’est du travail, du stress et de la fatigue en plus». Mais le spécialiste nuance : «une part des soignants y sont allés en mars et connaissent déjà la maladie. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on place moins de patients en réanimation, qu’ils y restent moins longtemps et qu’on évite davantage de décès».

Par ailleurs, Etienne Fourquet rappelle que les annulations d’opérations chirurgicales sont loin d’être une mesure anodine. «Ces actes médicaux sont justifiés et nécessaires. C’est l’une des principales problématiques de l’équation actuelle». Surtout si, comme il le redoute, «les réanimations sont pleines tout l’hiver, jusqu’à février». «Nous aurons alors eu quasiment 8 mois sans chirurgie, ce serait catastrophique pour la prise en charge des patients. A terme, cela entraîne un risque de sur-hospitalisation et de sur-mortalité. Mieux vaut retirer un polype en prévention que soigner un cancer», résume le président du Syndicat des anesthésistes-réanimateurs.

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