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Coronavirus : faut-il reconfiner ? Voici ce qu’en pensent les experts


Après une période d’accalmie relative, tous les indicateurs épidémiques repartent à la hausse en France. Pour tenter d’inverser la tendance et éviter une nouvelle vague, qui pourrait être encore plus dangereuse en raison des nouveaux variants, le couvre-feu à 18h a été a étendu à l’ensemble du territoire.

Mais pour l’heure, le Covid-19 poursuit sa progression. Dans ce contexte, et malgré l’accélération de la campagne de vaccination, faut-il reconfiner la population ? Plusieurs experts se sont confiés à CNEWS à ce sujet, et les avis divergent.

Une mesure inévitable et nécessaire

Certains épidémiologistes, comme Daniel Camus, professeur à l’Institut Pasteur de Lille, estiment que le confinement est «inéluctable». «Les paramètres sont malheureusement en faveur d’un durcissement des mesures, estime-t-il. Les niveaux sont actuellement extrêmement élevés et on ne parvient pas à infléchir les courbes.»

Pour rappel, chaque jour, on compte en moyenne, sur sept jours glissants, plus de 19.000 tests positifs au Covid.19. Au 23 janvier, le taux d’incidence global (nombre de nouveaux cas pour 100.000 habitants) en France est de 202, soit bien au-dessus du seuil d’alerte fixé à 50.

Quant au nombre de malades à l’hôpital, il commence lui aussi à remonter, notamment en réanimation. Actuellement, un peu plus de 2.880 personnes y sont admises, soit une hausse de 6% par rapport à la semaine dernière.

Malgré le couvre-feu à 18h, généralisé à toute la France depuis le 16 janvier dernier, «il y a encore beaucoup de gens qui se déplacent après cet horaire», remarque Daniel Camus. D’une part parce que «les gens se relâchent un peu après de longs mois de restrictions», et d’autre part car «le télétravail, même s’il reste la règle, est moins appliqué».

Même si les gestes barrières sont respectés, quand on se trouve sur son lieu de travail, ou dans les transports, «le virus est quand même à côté de nous», ajoute Daniel Camus. «Ce qui permet incontestablement les transmissions, c’est la distance. Dans la mesure où les gens ne se rencontrent pas, ils ne se contaminent pas.»

Un confinement et un dépistage massif

Un avis partagé par l’épidémiologiste et biostatisticienne Catherine Hill. Selon cette dernière, «on ne contrôle plus rien et le couvre-feu à 18h ne va pas suffire». Cela a même «aggravé la situation car les gens sont plus entassés dans les magasins et dans les transports et cela crée des afflux».

Toutefois, la professionnelle ne plaide pas pour un confinement semblable aux précédents. La seule manière de juguler l’épidémie est «de profiter du confinement pour tester massivement», c’est-à-dire au moins «90% de la population».

Jusqu’ici, explique-t-elle, «on a cherché le virus chez les personnes symptomatiques, et dans un second temps chez leurs contacts.» Or, «il y a beaucoup de porteurs asymptomatiques. Et ce sont ces derniers qui font particulièrement circuler le virus.»

D’autre part, il faut savoir qu’en moyenne, «les symptômes apparaissent 5 jours après la contamination». Si on attend les premiers signes cliniques de la maladie, «ils ont déjà le temps de contaminer beaucoup de personnes.»

S’il n’est pas accompagné d’un dépistage massif, «le confinement n’est qu’un pis-aller, insiste-t-elle. On l’a vu avec le premier et le deuxième, qui s’est d’ailleurs terminé trop tôt, quand on le lève, l’épidémie repart.»

Pas de submersion du système de santé

«L’Australie, le Vietnam, la Chine, la Nouvelle Zélande, ou encore le Japon et la Corée du Sud, sont parvenus à contrôler l’épidémie car lorsqu’il y a ne serait-ce que quelques cas, ils confinent, testent largement la population pour identifier les personnes positives, et isolent celles qui sont infectées. Mais la France, regrette-t-elle, n’a jamais fait ça.»

Dans ces pays, a lui aussi souligné l’épidémiologiste Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale de l’université de Genève (Suisse), «la stratégie est beaucoup plus proactive», les autorisées réagissent «dès la moindre circulation du virus, même si elle n’est pas menaçante», contrairement aux pays européens qui, de leur côté, optent pour des mesures «réactives».

En France, «on ne confine pas quand il n’y pas un risque immédiat de submersion du système de santé». Et à ce jour, avec 56% des lits de réanimation occupés et plus de 25.800 patients hospitalisés, la tension hospitalière est «modérée et stable». «Si on analyse les prises de décisions antérieures, les indicateurs ne justifient pas la mise en place d’un confinement.»

Puis qui dit confinement, dit probablement fermeture des commerces «non essentiels». Or, «ils sont très peu été recensés comme des lieux de transmission, contrairement aux bars et aux restaurants. Le gain substantiel ne serait pas très élevé.» Mais si il n’y a pas d’amélioration très rapidement, admet-il, «l’étape qui va suivre le couvre-feu est celle d’un confinement localisé, ou bien total.»

Une épidémie encore sous contrôle

Alors que pour Catherine Hill «il est certain que l’on doit reconfiner», et le plus tôt possible, afin de «limiter rapidement les dégâts en termes de décès», en sachant qu’en moyenne, du 17 ou 23 janvier, 306 décès quotidiens ont été enregistrés (+18% en une semaine), l’épidémiologiste Martin Blachier, au contraire, estime que la perspective d’un nouveau confinement n’est, à ce stade, pas justifiée.

«Un reconfinement ne doit être envisagé que lorsqu’il y a une perte de contrôle totale de l’épidémie, c’est-à-dire quand il y a de vraies courbes exponentielles». Mais pour l’heure, «on a un plateau ascendant».

Laurent Tubiana, chercheur en épidémiologie à l’Inserm, est quant à lui encore plus catégorique. «L’idée d’un reconfinement est délirante, pense-t-il. Outre les règles d’hygiène et de prévention, comme se laver les mains, porter un masque, ne pas s’approcher des personnes malades, et ne pas sortir quand on l’est, les autres mesures ne sont pas nécessaires.»

Il avance d’autre part qu’«il n’y a pas de surmortalité chez les moins de 70 ans. Il a eu une petite surmortalité chez les plus de 70 ans, mais elle est simplement due à un effet conjoncturel de la structure de population actuelle». Ces personnes, dit-il, «sont celles qui sont nées durant la période du baby-boom. Il est donc normal qu’il y ait plus de morts.»

Plus nuancé, Martin Blachier poursuit en expliquant que l’idée du confinement repose sur la menace du variant anglais, mais «on ne peut pas imaginer que l’on va mettre sous cloche toute une population juste à cause d’une hypothèse». L’épidémie peut déraper à cause du variant, «mais aussi pour plein d’autres causes.»

Attendre les effets du couvre-feu

«Cela ne sert à rien de se faire peur en parlant de confinement avant que les choses arrivent», ajoute le spécialiste en santé publique. «Il faut d’abord attendre que le couvre-feu à 18h montre ses premiers effets.»

Antoine Flahault rappelle que cette mesure est d’ailleurs «déjà une forme de confinement» et que les vacances de février vont s’imposer comme «un frein supplémentaire» car il n’y aura plus d’écoles, et donc plus de cantines, et moins de déplacements, précise-t-il.

Aujourd’hui, conclut Martin Blachier, «le vrai débat ce n’est pas le confinement, mais les étudiants, qui sont en train de mourir psychiquement dans leur studio, les campagnes de tests antigéniques, et la vaccination».

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