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Chine : une retraitée partage sa maison avec 1.300 chiens errants


Elle leur consacre tout son temps, ses économies et chaque pièce de sa maison… Dans le sud-ouest de la Chine, Madame Wen héberge chez elle plus de 1.300 chiens errants, avec de nouveaux pensionnaires qui arrivent chaque jour.

De la place et de l’amour pour tout le monde. Il y a vingt ans, Wen Junhong ramassait un petit pékinois abandonné dans une rue de la municipalité géante de Chongqing. Depuis, elle n’a fait que recueillir toujours plus de chiens perdus, leur offrant un abri contre les accidents de la route… et le couteau du boucher.

«Il est important de s’occuper de ces chiens», explique la dynamique retraitée. «La Terre n’est pas faite seulement pour l’être humain, elle appartient à tous les animaux».

Si avoir un animal domestique était jadis considéré comme «bourgeois» et interdit par le régime communiste, les choses ont bien changé depuis une vingtaine d’années et des millions de Chinois s’offrent désormais un quadrupède… avant parfois de l’abandonner.

Des animaux errants par millions

Alors que le pays n’a pas de loi sur le bien-être animal, il compterait ainsi des dizaines de millions de chiens et chats errants, selon l’association AnimalsAsia.

Un chien pensionnaire de la maison de Mme Wen à Chongqing (Chine) le 29 novembre 2020 [NOEL CELIS / AFP]
Un chien pensionnaire de la maison de Mme Wen à Chongqing (Chine) le 29 novembre 2020

[NOEL CELIS / AFP]

Ces animaux sont rarement stérilisés, ce qui ne fait qu’accroître la pression sur les refuges pour animaux.

Wen Junhong trouve régulièrement de nouveaux pensionnaires devant sa porte et reçoit «chaque jour des appels à l’aide». Ainsi, à 68 ans, en plus de ses 1.300 chiens, elle héberge une centaine de chats, quatre chevaux, des lapins et des oiseaux.

Entre 20 et 30 seaux de crottes à évacuer par jour

Certains chiens évoluent librement sur le terrain et dans la maison, située dans les collines de Chongqing. Mais la plupart sont enfermés dans d’étroites cages, les gros à l’extérieur et les petits dans la maison, afin d’éviter les bagarres.

«Certains pensent que je suis folle», admet Madame Wen.

Sa journée démarre à 4h du matin, avec la lourde tâche d’évacuer entre 20 et 30 seaux de crottes. Suit le petit-déjeuner : préparer 500 kilos d’aliments, que Wen Junhong fait cuire elle-même dans une énorme marmite.

Chaque pièce de sa maison d’un étage est remplie de cages entassées les unes sur les autres. Le bâtiment n’est que le dernier pied-à-terre en date de Wen Junhong, forcée de déménager à plusieurs reprises, poursuivie par la vindicte de ses voisins.

La vente de son logement précédent lui permet de financer son activité, pour laquelle elle a aussi emprunté 60.000 yuans (7.500 euros), tout en engloutissant ses économies et sa pension de retraite de technicienne environnementale.

Des chiens en cages dans la maison de Mme Wen à Chongqing (Chine) le 29 novembre 2020 [NOEL CELIS / AFP]
Des chiens en cages dans la maison de Mme Wen à Chongqing (Chine) le 29 novembre 2020

[NOEL CELIS / AFP]

Madame Wen reçoit aussi des dons depuis qu’elle est connue sur les réseaux sociaux. Elle espère toujours que sa célébrité amène les gens à venir adopter un compagnon, mais les nouvelles arrivées continuent à dépasser largement les départs.

La célébrité amène aussi son lot de critiques : «être enfermé dans une cage minuscule ne vaut pas mieux que d’être à la rue», peut-on lire sur les réseaux sociaux.

Pour l’aider, Wen Junhong peut compter sur six employés, qui dorment dans la même chambre remplie de sacs de nourriture pour animaux.

«J’aime les chiens même quand ils me mordent», témoigne l’un d’entre eux, Yang Yiqun, en montrant ses bras couverts de cicatrices.

Mais même avec l’amour qu’elle leur voue, s’occuper de tant d’animaux est un combat de chaque instant pour Madame Wen. «C’est vraiment très dur. Il y a toujours plus de chiens et ils ont de moins en moins de place», se désole-t-elle.

Retrouvez toute l’actualité sur les animaux ICI



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