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Changement climatique et adaptation : ce qu’il faut retenir du nouveau rapport du GIEC


Les experts du Giec ont publié ce lundi 28 février à midi le deuxième volet de leur sixième rapport. Ce nouveau volet dresse le tableau, plus que cataclysmique, des changements climatiques actuels et futurs sur les sociétés et les écosystèmes. Boulversements auxquels la planète n’est pas suffisament préparée.

Inondations, sécheresses, canicules, pertes agricoles, montée inéluctable des eaux, animaux menacés d’extinction … Voici ce qu’il faut retenir de ce nouveau volet du Giec (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), élaboré par 270 scientifiques de 67 pays.

Des impacts généréalisés

Les conséquences dévastatrices du changement climatique, longtemps vu comme un point à l’horizon, sont devenues une réalité pour l’ensemble de la planète, avec 3,3 à 3,6 milliards de personnes d’ores et déjà «très vulnérables», soit près de la moitié de l’humanité.

Le réchauffement d’environ +1,1°C en moyenne depuis l’ère préindustrielle a déjà contribué au déclin des espèces et à l’extinction de certaines, à l’augmentation des maladies transmises par les moustiques, à plus de morts causées par la chaleur et la sécheresse, à une perte de récoltes agricoles et de la pêche. La santé des populations, physique et mentale, est également touchée.

«L’augmentation des extrêmes météorologiques et climatiques a conduit à des impacts irréversibles» sur les sociétés humaines et la nature, conclut le Giec. Mais ce n’est que le début et les impacts sur la nature et l’Homme vont s’accroître : extinction possible de 3 à 14% des espèces terrestres à +1,5°C, des «milliards» de personnes supplémentaires exposés à la dengue, ou de manière générale, une «augmentation sensible des maladies et des morts prématurées».

La MONTÉE Inéluctable des eaux

Quel que soit la hausse, toujours croissante, du rythme des émissions de gaz à effet de serre, un milliard de personnes pourraient vivre d’ici à 2050 dans des zones côtières à risque, alors que la hausse du niveau de la mer renforce l’impact des tempêtes et des submersions marines.

La population exposée au risque d’inondations marines va ainsi doubler si l’océan s’élève de 75 cm, un chiffre largement compatible avec les projections pour 2100. Aujourd’hui, environ 900 millions de personnes vivent à moins de 10 m au-dessus du niveau la mer.

D’ici à 2100, la valeur des infrastructures et autres actifs installés dans ces zones sujettes à des inondations exceptionnelles sera d’environ 10.000 milliards de dollars dans un scénario modéré d’émissions.

Des impacts irréversibles sur les écosystèmes

Le premier volet du rapport du Giec sur la physique du climat dévoilé en août dernier avait estimé qu’il serait possible, en cas de dépassement probable de +1,5°C, objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris, de revenir ensuite sous ce seuil d’ici à la fin du siècle.

Mais ce dépassement même temporaire, que les climatologues appellent «overshoot», n’irait pas sans répercussions. Tout dépassement de +1,5° «entraînerait des impacts irréversibles» sur des écosystèmes capitaux comme les récifs coralliens, les glaciers de montagne et les calottes glaciaires.

S’adapter ou mourir

Le précédent rapport de 2007 ne s’étendait pas sur la question de l’adaptation, c’est-à-dire les mesures prises pour limiter ou se préparer aux impacts du réchauffement. Cette question est désormais centrale.

De manière générale, le Giec met en garde contre le fait que le monde n’est pas prêt, le réchauffement va plus vite que les mesures pour s’adapter aux conséquences. En outre, «au rythme actuel de planification et de mise en place de l’adaptation, l’écart entre les besoins et ce qui est fait va continuer à grandir». 

Redécouverte de variétés anciennes de cultures agricoles plus résistantes, restauration des mangroves ou construction de digues, plantation d’arbres dans les villes pour créer des couloirs rafraîchis ou climatisation : l’exploration des possibles est urgente. Mais sans garantie de résultat, alertent néanmoins les experts du Giec.

La mal-adaptation, un risque supplémentaire

Le Giec met également en garde contre les dangers de mesures qui peuvent être totalement contreproductives, alors que le monde n’a plus aucune marge d’erreur.

«Il y a des preuves de plus en plus nombreuses de mal-adaptation dans de nombreux secteurs et régions», peut-on lire dans ce rapport. Par exemple, construire une digue pour protéger des submersions marines alimentées par la montée du niveau de la mer peut conduire à développer la zone en question pourtant la plus à risque, créant un sentiment erroné de sécurité.

Une action immédiate indispensable

Ce rapport est également celui de l’échec, de l’immobilisme et de l’attentisme des politiques. «Les tendances actuelles et passées (les émissions, le développement et le changement climatique) n’ont pas permis de progresser vers un développement global résilient au changement climatique», conclut le rapport du Giec.

«Les preuves scientifiques sont sans équivoque : le changement climatique est une menace pour le bien-être de l’humanité et la santé de la planète», insistent les scientifiques et auteurs du rapport, en conclusion du résumé pour les décideurs. Ajoutant que «tout retard dans la mise en œuvre d’une action concertée, globale et anticipée en faveur de l’adaptation et l’atténuation nous fera rater la courte fenêtre d’opportunité, qui se referme rapidement, pour garantir un avenir vivable et durable pour tous.»

Après un premier volet publié en août 2021 sur les bases physiques du changement climatique, l’instance onusienne publiera un troisième et dernier volet en avril, consacré aux solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.



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