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Brésil : le sénat demande l’inculpation de Bolsonaro pour son inaction face au Covid-19


Une commission d’enquête parlementaire (CPI) du Sénat brésilien a demandé ce mercredi 20 septembre l’inculpation du président Jair Bolsonaro pour 10 crimes «intentionnels» durant de la pandémie de Covid-19, dont celui de «crime contre l’humanité».

Très attendu, le rapport de la commission d’enquête sur la gestion de la pandémie qui a fait plus de 600.000 morts au Brésil a été rendu public aujourd’hui. «À l’issue de six mois de travaux intenses, cette Commission parlementaire a recueilli des preuves qui montrent que le gouvernement fédéral (…) a agi avec lenteur dans le combat contre la pandémie de coronavirus, exposant délibérément la population à un risque réél d’infection de masse», peut-on lire dans ce rapport de près de 12000 pages.

Après avoir auditionné des membres du gouvernements, des parlementaires, des scientifiques, des dirigeants d’entreprise et des familles endeuillées, la commission constituée de sénateurs de diverses tendances politiques a rendu un verdict dévastateur pour l’image du chef de l’Etat. Quatre de ses ministres et deux ex-ministres sont également visés.

Le covid-19, une «grippette» pour bolsonaro

Pour les sénateurs, le gouvernement a délibérément décidé de ne pas prendre les mesures nécessaires pour contenir la circulation du virus, qualifié de «grippette» par Jair Bolsonaro. La commission a enquêté sur les responsabilités du gouvernement dans la grave pénurie d’oxygène qui a causé la mort de dizaines de patients, ou encore sur des soupçons de corruption dans l’acquisition de vaccins.

Les sénateurs se sont aussi penchés sur les relations entre le pouvoir et des mutuelles de santé privées accusées d’expérimenter à l’insu des patients un «traitement précoce», à base notamment d’hydroxychloroquine, dont l’inefficacité a été prouvée scientifiquement. L’une d’elles, Prevent Senior, est soupçonnée d’avoir fait pression sur des médecins pour prescrire ce type de traitements à des «cobayes humains».

«instrument de vengeance»

Jair Bolsonaro a balayé toutes les accusations, qualifiant la commission d’enquête de «mascarade» tandis que son frère aîné Flavio, sénateur, a parlé du rapport comme d’un «instrument de vengeance contre Bolsonaro et sa famille».

La commission sénatoriale a en effet demandé l’inculpation de trois fils du président, soupçonnés d’«incitation au crime» par le biais de diffusion de fausses information.

Bolsonaro en berne dans les sondages

Ces accusations gravissimes devraient surtout avoir une portée symbolique pour l’heure, le président bénéficiant de suffisament de soutiens au Parlement pour s’éviter une procédure de destitution. Par ailleurs, le rapport sera transmis au Parquet, seul compétent pour inculper les personnes incriminées par la commission d’enquête parlementaire. Or les spécialistes jugent cette inculpation peu probable, puisqu’elle est du ressort du procureur général Augusto Aras, un allié de Jair Bolsonaro.

Le président brésilien Jair Bolsonaro est soupçonné de corruption par la commission d'enquête du Sénat.

Si les sénateurs de la commission n’ont pas le pouvoir d’engager eux-mêmes des poursuites judiciaires, leurs révélations pourraient avoir un impact politique considérable. Les sondages donnent déjà Jair Bolsonaro perdant face à l’ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, à un an de la présidentielle.



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