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Beyrouth : Pourquoi le Liban et la France sont-ils aussi liés ?


Depuis des décennies, la France cultive une relation étroite avec le Liban, pays du Moyen-Orient frappé par deux explosions à Beyrouth ce mardi. Retour sur des faits historiques qui prouvent que l’État français est toujours intervenu dans les affaires libanaises.

L’intervention de la France dès le XIX siècle

Les premiers liens diplomatiques entre les deux pays remontent en 1860 lorsque la France au nom de l’Europe intervient militairement pour mettre fin aux affrontements religieux entre les Maronites (chrétiens) et les Druzes. Des missionnaires sont envoyés et des écoles françaises sont mises en place. Ce qui explique en partie pourquoi le Liban est aujourd’hui toujours francophone.

Le Liban sous mandat français après la Première Guerre mondiale

Le Liban a ensuite passé 25 années sous mandat français au sortir de la Première Guerre mondiale. En vue de la dislocation de l’Empire Ottoman, l’Irak et l’actuelle Palestine sont attribués à la Grande-Bretagne par la Société des Nations (SDN) lors des accords secrets Sykes-Picot. Pour des raisons culturelles et historiques, la France revendique, elle, la Syrie et le Liban.

Le pays du Cèdre passe donc sous mandat français (sorte de protectorat) en avril 1920 lors de la conférence de San Remo. La France s’engage alors à mener le pays à l’indépendance quand le niveau de développement économique et politique sera jugé suffisant. Les Libanais se montrent, quant à eux, plutôt favorables à une présence française sur leur territoire et le pays observe rapidement un grand développement économique.

Il faut attendre 1936 pour qu’un premier traité d’indépendance soit signé par l’État français gouverné alors par le Front populaire. En réalité, la situation reste inchangée et c’est en 1943 que la France Libre accorde l’indépendance définitive et que l’État du Liban est créé.

Découlant de ces liens, durant la guerre civile libanaise (1975-1990), un certain nombre de Libanais se sont réfugiés en France.

Les liens étroits entre Chirac et Hariri

L’indépendance du Liban n’a pas pour autant stoppé les relations particulières entre les deux pays. Tout particulièrement l’amitié entre la famille Hariri et Jacques Chirac. Les deux hommes se rencontrent au début des années 1980 lorsque l’un est encore maire de Paris et l’autre homme d’affaires ayant fait fortune dans le bâtiment en Arabie Saoudite.

Les deux hommes accèdent ensuite au pouvoir de leur pays et une amitié intime se fonde. Rafic Hariri est nommé Premier ministre du Liban en 1992 et Jacques Chirac devient président de la République en 1995.

Une idylle stoppée nette le 14 février 2005. Rafic Hariri est retrouvé mort dans un attentat à l’explosif contre son convoi à Beyrouth. Jacques Chirac est le seul chef d’État occidental à se rendre aux obsèques.

C’est aussi lui qui va faire pression auprès de l’ONU pour qu’un Tribunal Spécial (qui doit d’ailleurs rendre son verdict ce vendredi) soit créé pour juger les responsables alors que la communauté internationale y voit un acte de la Syrie, alliée du Hezbollah et essayant de faire du Liban un « protectorat ».

Plus tard, c’est encore Jacques Chirac qui montera au credo pour pousser le Conseil de sécurité des Nations unies à instaurer un cessez-le-feu et le retrait de l’armée israélienne du Liban le 11 août 2006, alors que le pays est empêtré dans le conflit israélo-palestinien.

Aujourd’hui, des concessions pour ne pas rompre

Le lien s’est ensuite distendu sous Nicolas Sarkozy et François Hollande, sans jamais rompre pour autant. Mais depuis l’élection d’Emmanuel Macron, et alors que le Liban est frappé par une crise économique sans précédent, la France reste au chevet dans son ami historique.

En 2017, Saad Hariri, fils de Rafic, Premier ministre démissionnaire du Liban, est invité à s’installer en France par Emmanuel Macron. Hariri, vient de s’exiler de son pays d’origine et dénonce la mainmise de l’Iran sur son pays avec le mouvement chiite du Hezbollah, évoque la crainte d’être assassiné. Il trouvera, à Paris, une terre d’exode et sera aidé par le président de la République pour résoudre la crise et revenir au pouvoir de son pays.

Plus récemment, le ministre des affaires étrangères, s’est récemment rendu dans le pays du Cèdre, pour rencontrer ses homologues libanais. «Il faut que les autorités libanaises se ressaisissent, et je me permets de dire ici à nos amis libanais : nous sommes vraiment prêts à vous aider, mais aidez-nous à vous aider», avait au préalable déclaré le chef du Quai d’Orsay. Un coup de pouce important, alors que le pays abrite notamment quelque 300 établissements scolaires francophones.

De l’aide, il en a tout de suite été question de la part de l’État français ce mardi soir, après que Beyrouth ait été frappé de pleins fouets par deux explosions.

Emmanuel Macron a promis mardi au Liban l’aide de la France. Elle sera acheminée dès ce mercredi par deux avions militaires transportants personnels de la sécurité civile, plusieurs tonnes de matériel et un poste sanitaire mobile, a indiqué l’Élysée.

«Quand le Liban saigne, la France souffre avec lui», a réagi de son côté l’ex-président socialiste François Hollande, appelant à une « solidarité internationale à la mesure des pertes humaines et des destructions ».





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