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«Bergman Island» : Mia Hansen-Love rend hommage à Ingmar


La Française Mia Hansen-Love revient avec «Bergman Island», qui réunit Vicky Krieps, Mia Wasikowska et Tim Roth. L’histoire d’un couple de réalisateurs en lice pour la Palme d’or au 74e Festival de Cannes, et qui sort ce mercredi 14 juillet au cinéma.

Un long-métrage surprenant, doux et mélancolique, d’une élégance et d’une fluidité admirables. Une œuvre franco-suédoise qui parle de création artistique, de fantômes, d’influences assumées – ou «par effraction». Un film sur l’épreuve du couple, à l’aune d’une fiction qui parfois déteint sur la réalité.

Deux cinéastes-scénaristes s’installent le temps d’une saison sur l’île de Fårö en Suède, là où vivait l’illustre et vénéré Ingmar Bergman. Tandis qu’ils se prêtent avec curiosité à la découverte touristique et culturelle des lieux sanctifiés liés au cinéaste du «Septième sceau», les deux artistes tentent de s’inspirer de la beauté sauvage des lieux pour écrire ou peaufiner leur projet respectif. Les effluves de la fiction rejoignent progressivement leur propre réalité.

Quelle idée aussi de proposer aux visiteurs du site, la chambre où fut tourner «Scènes de la vie conjugale», le film qui incita des millions de couples à divorcer. Tout est annoncé dans cette boutade au début du film, et les deux artistes (Tim Roth et Vicky Krieps, parfaits) ne sont pas dupes du folklore un tantinet appuyé des animations locales (étonnant train «Safari Bergman» !).

«Un film dans un film»

Tandis que chacun se replie sur l’écriture de son projet, la réalisatrice nous entraîne avec bonheur vers un «film dans le film» qui, sur grand écran, donne vie au début de scénario imaginé par le personnage de Vicky Krieps (Chris)… Toute ressemblance avec des personnages ayant réellement existé… on connaît la suite.

Un jeu de miroirs troublant commence alors subtilement entre la réalisatrice de ce très beau film (Mia Hansen-Love à qui l’on doit «L’avenir»), le personnage de Chris (la cinéaste installée sur l’île avec son époux) et enfin, celui de la jeune femme issue de son imagination. Là est toute la réussite, l’originalité et la délicatesse onirique de «Bergman Island» qui à sa manière, tient de magnifique hommage au pouvoir du cinéma et aux traces insoupçonnés laissées par celui-ci dans l’inconscient collectif comme dans l’intimité la plus secrète.

L’une des plus belles scènes convoque, comme un clin d’œil national, les mélodies nostalgiques d’ABBA («The winner takes it all») sur lesquelles se trémousse dans une mélancolie résignée, le double imaginaire de Chris (évanescente Mia Wasikowska).

«Bergman Island» est éclairé de bout en bout dans un halo de lumière ouatée, évoquant les toiles de maîtres de la peinture nordique. Avec grâce et sensibilité, la cinéaste suggère l’influence de l’image et de la mémoire cinéphile, tant dans notre éducation sentimentale que dans l’intime révolte intérieure qui parfois nous traverse l’âme, bouscule les certitudes, réveille les remords et les regrets. Un très beau film, qui réinvente – et se réinvente – constamment. Et qui nous donne à méditer et à nous émouvoir de l’invention de nos vies.





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