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BD et comics : les meilleurs albums pour cet été 2020

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Le monde de l’édition est en ébullition. Après la réouverture des librairies en mai, les éditeurs de BD ont mis les bouchées doubles. Résultat : les albums se bousculent, et certains tirent particulièrement leur épingle du jeu.

le convoyeur

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© Le Lombard 

L’histoire. Dans une France postapocalyptique, où la rouille a tout rongé, les plus faibles sont impitoyablement éliminés, et la loi du plus fort règne. Ultra-violence, mutations génétiques… Au milieu de cet enfer, Le Convoyeur semble être un des derniers espoirs. Fascinant et solitaire, ce personnage accepte toutes les missions, même les plus périlleuses. Seule contrepartie : il faut accepter d’avaler un petit œuf étrange, sans connaître les conséquences potentielles. 

Pourquoi on a aimé. Le Convoyeur, c’est un peu Ken le survivant à Perpignan. Les lieux sont curieusement familiers, mais l’intrigue et ses mystères nous transportent dans un univers inconnu, sans repères. Ce tome 1 est déjà annoncé comme faisant partie d’une trilogie, donc il pose essentiellement les bases de l’intrigue. La fin est abrupte, et de nombreux mystères restent. On a extrêmement hâte de lire la suite. 

Le Convoyeur, Tome 1, d’Armand et Roulot, éd. Le Lombard, 14,45 €

HARLEEN 

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 © Urban Comics/DC Comics

L’histoire. Jeune psychiatre, Harleen Quinzel vient d’obtenir un poste à l’hôpital d’Arkham. Elle se jette alors à corps perdu dans cette nouvelle fonction, et se montre prête à tout pour améliorer l’état psychique de ses patients. Elle est persuadée que même les pires sociopathes peuvent être guéris. Mais sa rencontre avec le Joker va évidemment rebattre… les cartes.   

Pourquoi on a aimé. Le destin d’Harley Quinn fascine les foules. Au cinéma ou dans les comics, l’alter ego féminin du joker n’est pas simple à décrypter. Dans cet album, le Croate Stjepan Sejic use de son immense talent, sur 150 pages, pour décrire le basculement de la jeune femme naïve, mais sans faire intervenir les clichés habituels. La folie est bien présente, mais elle s’infuse peu à peu. On comprend les motivations profondes de l’un et de l’autre, on sombre avec eux, et Sejic évite le grand guignol, qui a trop souvent collé au costume d’Harley Quinn. 

Harleen, de Stjepan Sejic, éd. Urban Comics/DC Comics, 19 €

HOUSE OF X/POWERS OF X

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 © Panini Comics/Marvel

L’histoire. Des mutants qui sortent d’étranges cocons, des portails de téléportation, des héros familiers et pourtant différents… Ce premier tome de la nouvelle double série Marvel «House of X/Powers of X» ne s’embarrasse pas avec le passé et nous invite à une relecture complète de la mythologie des X-Men. Le professeur Charles Xavier a cette fois créé une nation mutante, installée sur l’île de Krakoa. Pour assurer la tranquillité des mutants, il est prêt à passer un accord avec l’humanité en lui offrant une technologie inconnue. L’occasion est belle, mais est-ce vraiment une opportunité pour les humains ? Ou bien un piège ? 

Pourquoi on a aimé : Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur les X-Men. Le scénariste Jonathan Hickman a fait table rase pour redonner leur splendeur passé aux mutants. Son objectif semble clair : redonner de la profondeur à une saga dont l’aura a été un peu écornée. A ses côtés, les dessinateurs Larraz et Silva font des merveilles et donnent vie à un univers complexe, où les apparences peuvent être trompeuses. Une formidable réécriture, qui dépasse largement les combats de super-héros. Un objectif ambitieux, mais qui pourrait faire revenir les fans déçus, tout en séduisant un nouveau public, plus mature. 

House of X/Powers of X, Tome 1, de Hickman, Larraz et Silva, éd. Panini Comics/Marvel, 8,90 €

RAVEN

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 © Lauffray / Dargaud

L’histoire. Raven est un pirate que ml’on qualifierait de nos jours de «freelance». Solitaire, il se fait régulièrement des ennemis et a la sulfureuse réputation de porter malheur à quiconque le côtoie. Laissé pour mort par Darksee, une jolie mais très cruelle femme-pirate, il entend bien récupérer un trésor laissé sur le Morne au diable, une île volcanique habitée par des cannibales assoiffés de sang…

Pourquoi on a aimé. Si Darksee pourrait faire penser à la perfide Kriss de Valnor de la saga Thorgal, Raven est bien loin du héros nordique de Jean Van Hamme et Grzegorz Rosinski. Ce héros maudit a beau avoir le cœur un peu tendre (sa grosse faiblesse), il n’en reste pas moins un pirate aux ambitions terriblement sombres et au passé mystérieux. Un personnage ambigü, créé de toutes pièces par Mathieu Lauffray (Prophet, Le serment de l’ambre, Long John Silver…). Graphiste de formation, il a été bercé par les albums de ses maîtres, Loisel et Mézières… et cela se ressent avec un réel bonheur. Les planches spectaculaires et le trait réaliste donnent une énergie folle à ces aventures de pirates des Caraïbes auxquels on risque bien de s’attacher très vite.

Raven, Tome 1; de Mathieu Lauffray, éd. Dargaud, 15 € 

LES CAHIERS D’ESTHER, TOME 5

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 © Riad Sattouf/Allary

L’histoire. Elle a désormais 14 ans. La petite Esther a bien grandi et ses préoccupations ont changé. Elle voyage avec sa classe, apprend à danser le «floss», écoute Angèle en boucle, découvre les joies de la transgression, l’éveil citoyen et les flirts. Durant toute une nouvelle année, Riad Sattouf, l’auteur désormais culte de l’Arabe du futur, a continué à recueillir les confidences de cette jeune fille bien réelle, cachée sous son pseudonyme désormais célèbre.

Pourquoi on a aimé. Un nouveau tome des «Cahiers d’Esther» de haute volée, avec un soin toujours plus grand apporté aux mots, témoins de notre époque. De l’humour toujours mais aussi une sensibilité non dissimulée, qui fera du bien à tous les ados et aussi à leurs parents.

Les cahiers d’Esther, Tome 5, de Riad Sattouf, éd. Allary, 16,90 €

Riad Sattouf a déjà vendu 650 000 exemplaires des quatre premiers tomes des Cahiers d’Esther

peau d’homme

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 © Zanzim / Hubert / Glénat

L’histoire. Dans l’Italie de la Renaissance, une jeune fille s’apprête à se marier en se désespérant de ne pas connaître son futur mari. Sa marraine lui dévoile alors un secret de famille : une «peau d’homme». Parée de cette dernière, la jeune fiancée va rencontrer, incognito, celui qui va partager sa vie, sans se douter que ce dernier a un gros penchant pour la gent masculine…

Pourquoi on a aimé. Le scénario enlevé et fin du regretté Hubert (Miss Patouche, Beauté, Ma vie posthume) couplé à la grande délicatesse dans le dessin de Zanzim (L’île aux femmes, Ma vie posthume) font de cet album un objet précieux. Derrière cette histoire de travestissement réussie, Hubert parle de sujets qui lui étaient chers : la tolérance, le caractère violent et sombre de l’humanité mais aussi la complexité des rapports humains au delà des genres et de la sexualité. Une oeuvre graphique qui fera date.

Peau d’homme, d’Hubert et Zanzim, éd. Glénat, 27 €

L’Odyssée d’Hakim

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 © Fabien Toulmé / Delcourt

L’histoire. Hakim, véritable pépinieriste syrien qui a tout perdu avec la guerre, a raconté son histoire déchirante à Fabien Toulmé. Dans le deuxième tome de cette trilogie, on découvrait tous les risques pris par Hakim pour rejoindre l’Europe avec son fils, notamment lors d’une traversée de la Mediterranée. Dans ce troisième volume, Hadi a un an et demi, Hakim continue à passer tant bien que mal les frontières. De la Macédoine à la France en passant par la Hongrie et l’Autriche, Hakim continue de braver la faim, le froid et la fatigue pour sauver son fils et retrouver sa femme.

Pourquoi on a aimé. Dans un style dessiné aux lignes très épurées, qui peut faire penser aux reportages dessinés de Guy Delisle, Fabien Toulmé livre simplement (mais sûrement) la parole d’Hakim et offre l’occasion à ses lecteurs de donner corps à ceux qu’on appelle presque vulgairement «les migrants». Fabien Toulmé donne à lire une œuvre magistrale sur le sort de ces millions d’hommes et femmes qui chaque année tentent juste de survivre en fuyant leurs pays d’origine, et se retrouvent pris dans un engrenage cauchemardesque. Un livre que l’on referme en se promettant de ne plus jamais voir le monde avec les mêmes yeux.

L’odyssée d’Hakim, Tome 3, éd. Delcourt, 24,95 €

Charlotte impératrice

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 © Bonhomme/Nury/Dargaud

L’histoire. Charlotte de Belgique, épouse de Maximilien d’Autriche est devenue impératrice du Mexique. Le jeune couple met les voiles en direction cette terre rongée par la guérilla et les maladies. Une fois sur place, Maximilien s’adonne à ses activités favorites : l’oisiveté et la luxure. Charlotte ne devra compter que sur elle-même pour gouverner et faire régner un peu plus de justice. Secrètement, elle est en proie à des désirs que la morale réprouve…

Pourquoi on a aimé. On avait adoré «Il était une fois en France». Revoilà le talentueux Fabien Nury au scénario d’un biopic mâtiné d’un peu de fiction revigorante servi par le dessin très cinématographique de Matthieu Bonhomme, qui effectue ici un travail remarquable, notamment sur le cadrage. Dans ce second volet de la saga qui devrait compter quatre volumes, nous sommes cette fois loin des fastes princiers pour entrer dans une sorte de western réaliste où le typhus côtoie allègrement les manoeuvres souterraines d’une impératrice idéaliste mais pragmatique, tiraillée par ses «démons», et le pouvoir qu’elle ne possède que le temps des absences de son époux.

Charlotte impératrice, Tome 2, de Nury et Bonhomme, éd. Dargaud, 16,50 €

Knock out !

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 © Reinhard kleist / Casterman

L’histoire. Au détour d’une ruelle, un homme se fait passer à tabac par une horde d’homophobes. Un homme cagoulé mystérieux lui demande de se relever. Emile raconte alors sa vie. Modiste, il est passionné par la confection des chapeaux pour femmes jusqu’au jour où son patron repère sa musculature et lui présente un entraîneur de boxe. Il devient alors star des rings, se marie mais ne cache pas beaucoup sa préférence pour les hommes, ce qui n’est pas vraiment du goût de l’Amérique des années 1960.

Pourquoi on a aimé. Après s’être penché sur les vies de Johnny Cash ou Nick Cave, Reinhard Kleist, star de la BD allemande, plonge dans le destin hors du commun du boxeur Emile Griffith. Au-delà de la dénonciation de l’homophobie et du racisme – et dans un noir et blanc magnifique et des cadrages très cinématographiques – , Reinhard Kleist creuse la question de la culpabilité de Griffith quant à ses aptitudes pour un sport violent, alors qu’il n’aspirait qu’à une certaine douceur de vivre.

Knock out !, de Reinhard Kleist, éd. Casterman, 18,95 €

Vent mauvais

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 © cati Baur / Rue de Sèvres

L’histoire. Béranger, 48 ans et divorcé, a écrit une comédie populaire il y a des années qui passe encore à la télévision. Mais depuis, l’inspiration l’a quitté, tout comme la mère de ses deux filles. Il décide de plaquer sa vie urbaine pour s’installer à la campagne loin des bars bobos de son quartier parisien, et achète une maison à la campagne, avec vue sur les éoliennes. Rapidement, l’inspiration revient et il tombe amoureux de sa voisine, Marjolaine, une femme-roc aux antipodes du cliché parisien. Peu à peu, Béranger est pourtant rattrapé par ses vieux démons…

Pourquoi on a aimé. L’auteure de «Quatre soeurs» sert un récit touchant sur les envies de vert de nombre de citadins, qui résonne d’autant plus suite à la crise sanitaire du Covid-19. Avec son trait semi-réaliste aux couleurs tendres, elle dresse également un constat doux-amer sur le fossé sociétale entre campagne et ville. Sans jamais porter de jugement, Cati Baur met à mal les clichés des uns sur les autres et plonge dans les affres de la création avec sincérité et finesse.

Vent mauvais, de Cati Baur, éd. Rue de Sèvres, 20 €

«L’homme qui tua Chris Kyle», de Brüno et Nury

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© Brüno et Nury / Dargaud

L’histoire. Le 2 février 2013, Chris Kyle, tireur d’élite de la marine américaine pendant la guerre en Irak, devenu un héros national, est assassiné par un ancien marine instable souffrant de stress post-traumatique.

Pourquoi on a aimé. Dans «American sniper», Clint Eastwood s’était déjà penché sur la figure de ce héros portée par Bradley Cooper. Cette fois, c’est plutôt au «revers de la médaille» que s’intéresse le duo Fabien Nury et Brüno. On découvre la «Face B» d’une Amérique patriote biberonnée aux armes mais aussi aux médias, à la terreur de l’après 11 septembre et le fameux syndrome post-traumatique d’anciens soldats livrés à eux-même. En injectant un peu de de cette sombre réalité à la légende, les auteurs convoquent les vieux démons de cette terre mythique que sont les Etats-Unis, symbolisés ô combien aujourd’hui par un Donald Trump encore soutenu.

L’homme qui tua Chris Kyle, de Brüno et Nury, éd. Dargaud, 22,50 €

«Pucelle», de Florence Dupré La Tour

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© Florence Dupré La Tour / Dargaud

L’histoire. Nouvelle pièce au puzzle autobiographique de Florence Dupré La Tour initié par «Cruelle» (Dargaud), l’auteur raconte son enfance et adolescence dans sa riche famille catholique entre un père tyrannique face à une mère au foyer effacée. Pour cette enfant bercée dans l’ignorance, devenir femme n’est alors que pêchés et horreurs en tous genres. Et personne chez elle pour éclaircir tous ces mystères et la rassurer. Un cocktail détonant.

Pourquoi on a aimé. Très loin de la comédie – et pourtant face au grotesque de certaines scènes, on ne peut que rire – , la dessinatrice raconte comment, dans son éducation, le tabou qui pesait autour de la sexualité et du corps de la femme, a pu transformer profondément sa vision de la vie, jusqu’à nier totalement son identité féminine. Si le trait tout en rondeur et en simplicité apparente de Florence Dupré La Tour a quelque chose de rassurant, le propos, extrêmement fort, donne un véritable coup de pied dans la fourmilière de l’éducation des filles.

Pucelle, Tome 1, de Florence Dupré La Tour, éd. Dargaud, 19,99 €

L’homme le plus flippé du monde

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© Théo Grosjean / Delcourt

L’histoire. C’est celle du jeune auteur, alias un grand angoissé dont les aventures dessinées sont suivies par 102 000 fans sur Instagram. Ici, pas de pirates assoiffés de sang ni de super-pouvoirs sauvant le monde, juste un jeune homme paralysé par ses angoisses. Prendre un train, discuter avec un inconnu, penser à la mort, faire une blague devant plus de deux personnes… Des situations banales pouvant générer en lui une panique intérieure digne de l’ouragan Katrina.

Pourquoi on a aimé. Si tout le monde n’est pas atteint d’agoraphobie ou de thanatophobie, il est fort à parier que beaucoup pourront se reconnaître dans ces situations de la vie quotidienne où «l’enfer c’est les autres». Si l’on rit beaucoup, cette BD fait aussi effet miroir et montre un peu de notre société où l’image est reine et destrutrice. Ce joli album très cathartique est une petite parenthèse bienvenue pour prendre un peu de recul sur l’existence. A faire rembourser par la sécu donc.

L’homme le plus flippé du monde, Tome 1, de Théo Grosjean, éd. Delcourt, 15,50 €

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