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Bâtiments, panneaux, pistes cyclables… Paris va réfléchir à sa future image

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Anne Hidalgo et son équipe se sont lancés dans une aventure audacieuse ce vendredi 20 novembre : la conception d’un «manifeste pour une nouvelle esthétique parisienne». Une initiative qui vise à «préserver le patrimoine de la ville, tout en réfléchissant à son évolution», a expliqué Emmanuel Grégoire, le bras droit de la maire, aux commandes de ce projet délicat.

Cette démarche est autant concrète que philosophique. Dans sa conférence de presse de présentation, le premier adjoint de la maire de Paris a convoqué les grandes figures de l’aménagement de la capitale, de Sully au préfet Haussmann, en passant par Louis XIV et Napoléon. Sans oublier la réflexion et la critique qui sont allés de pair, portées par Victor Hugo en particulier, et «les controverses en leurs temps» sur la tour Eiffel, la pyramide du Louvre ou le centre Pompidou.

A peine réélue maire de Paris, Anne Hidalgo va donc tenter un périlleux «en même temps» : conserver la base «haussmannienne qui caractérise la ville» et définir son apparence dans les prochaines décennies, pour l’adapter nouveaux enjeux du XXIe siècle. Une réflexion qui ne concerne pas seulement les célèbres bâtiments de la capitale, mais l’ensemble de l’espace public, avec la voierie ainsi que le mobilier urbain (bancs, panneaux, candélabres, etc.).

«les bruits, les odeurs, les surfaces et les visuels qui font Paris»

C’est toute «l’expérience sensitive de la ville» qui va être revue, a expliqué Emmanuel Grégoire, en citant «les bruits, les odeurs, les surfaces et les visuels qui font Paris». Pour cela, la municipalité a prévu une réflexion globale, en mettant à contribution les spécialistes de l’aménagement, les sociologues et psychologues, ainsi que les parisiens et les «usagers» de la ville. Sans oublier les «voisins» de la métropole du Grand Paris.

Sans surprise, face à l’enjeu majeur du changement climatique, la place de la nature en ville sera au coeur des débats. De la façade végétalisée à la forêt urbaine, «nous souhaitons exploiter tout le champ des possibles dans ce domaine», a assuré le bras droit de la maire. En parallèle, ce manifeste devrait aussi signer la fin de «l’omnipotence de la voiture» à Paris, dont «l’usage a été l’alpha et l’omega de l’aménagement urbain dans la seconde moitié du XXe siècle», a martelé Emmanuel Grégoire.

Pas question non plus de verser dans un Paris unifié et parfois fantasmé par certains. «L’architecture haussmannienne ne concerne qu’une partie de la ville. Il n’y a pas une mais des esthétiques parisiennes, nous entendons préserver l’originalité de chaque quartier», a souligné l’adjoint à l’urbanisme.

Cette réflexion sera d’autant plus sensible que les critiques sur «l’enlaidissement de Paris» sont récurrentes. Prenant bien soin de rappeler «qu’il y a toujours eu une sensibilité particulière» sur l’image de la capitale, Emmanuel Grégoire a rappelé a assuré «ne pas vouloir se dédouaner de ses responsabilités». Le bras droit d’Anne Hidalgo a même reconnu que «l’harmonie a parfois été quelque peu perturbée ces dernières années» concernant l’esthétique de la ville.

Mais il aussi mis en avant les immenses «défis techniques et financiers» pour concilier l’ensemble des impératifs, avec souvent des aménagements réalisés face à l’urgence d’une situation (coronapistes, plots anti-voitures béliers, etc.). Un exercice d’équilibriste qui ne décourage «l’ambition très forte d’Anne Hidalgo pour que Paris garde cette tradition double : être une ville patrimoniale mais qui n’a jamais renoncé à être une ville d’ambition», a fait savoir l’élu.

Dans le concret dès janvier prochain

Le «manifeste pour une nouvelle esthétique parisienne» va entrer dans le concret dès janvier 2021, avec la composition de groupes de travail au sein de l’hôtel de ville. Des concours vont également être lancés auprès d’architectes et de designers pour repenser des objets emblématiques de la ville, dont la liste sera dévoilé «dans les prochaines semaines» par Anne Hidalgo. Les parisiens pourront également donner leur avis, avec une consultation lancée sur Internet. Enfin, des «promenades urbaines» auront lieu, pour «réévaluer la pertinence de chaque objet dans l’espace public, en vue de le désencombrer».

Puis, en avril-mai, ce sera au tour des petits parisiens (6-11 ans) des écoles primaires d’être interrogés, pour connaître leur vision de la ville dans laquelle ils aimeraient vivre. Dans le même temps, une exposition au Pavillon de l’Arsenal présentera l’évolution de l’esthétique parisienne à travers l’Histoire. Enfin, les premiers résultats des groupes de travail, concertations et concours devraient tomber à partir du mois de juin 2021. Ils pourront alors commencé à être utilisés pour guider les futures actions des services de la ville et des entreprises intervenant à Paris dans ces domaines.

Cette réflexion s’insert également dans la révision du Plan local d’urbanisme (PLU) de Paris, qui vient de débuter. La dernière mouture de ce document de référence, qui fixe les règles d’aménagement dans la capitale, remonte à 2006. La démarche devrait aboutir à l’horizon 2023, et introduire pour la première fois de l’Histoire une dimension climatique.

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