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Au Japon, un père français privé de voir ses enfants entame une grève de la fin


Empêché de voir ses enfants depuis leur enlèvement par leur mère en 2018, un Français a démarré ce samedi une grève de la faim à Tokyo, deux semaines avant l’ouverture des Jeux Olympiques et la venue au Japon d’Emmanuel Macron.

«J’ai tout donné, j’ai perdu mon travail, ma maison et mes économies depuis trois ans. Il me reste 80 kilos, et je les donnerai jusqu’au dernier gramme», a déclaré Vincent Fichot aux médias, devant une gare à Tokyo, proche du nouveau stade olympique.

Installé depuis quinze ans au Japon, ce Français de 39 ans père de deux enfants âgés de 4 et 6 ans, assure que tant qu’il ne les aura pas récupérés, sa grève de la faim continuera. Il souhaite en outre le soutien des autorités françaises et l’application d’une sanction contre le Japon, qui selon lui, viole ses engagements internationaux.

La justice japonaise n’a de plus «rien à me reprocher», a-t-il affirmé. La mère des enfants avait prétexté devant les juges des faits de violences conjugales avant de se rétracter.

La garde partagée n’existe pas au Japon

«Le Japon est le seul pays industrialisé à n’avoir pas adopté de système de garde partagée. Si un tel système était introduit cela réduirait considérablement les enlèvements d’enfants», a récemment déclaré Takanori Hashimoto, fondateur de l’association Japan Children Rights. L’enlèvement parental est en effet une pratique courante et tolérée par les autorités locales, et selon l’association Kizuna Child-Parent Reunion, 150.000 mineurs sont enlevés chaque année dans l’archipel.

Le sénateur des Français de l’étranger Richard Yung, impliqué depuis seize ans sur ce dossier révèle avoir connaissance de 50 à 70 cas «déclarés» d’enfants franco-japonais enlevés par un parent.

Parmi eux, les enfants de Vincent Fichot, qui après s’être heurté à un mur face aux autorités et à la justice japonaise, s’est tourné vers l’État français, les instances européennes et les Nations unies.

Une action déterminée et organisée

Vincent Fichot assure mener sa grève de la faim jour et nuit. S’il se retrouve délogé par la police il poursuivra, sans l’interrompre, son action ailleurs. Les membres de son comité de soutien à Tokyo, parmi lesquels d’autres parents étrangers dans la même situation, lui apporteront régulièrement de l’eau et des vêtements propres.

Ils seront également chargés de recharger ses appareils électroniques. Et pour cause, le père de famille publiera chaque jour une courte vidéo destinée à informer sur sa condition physique et à expliquer la problématique de la garde d’enfants au Japon.

Pour rappel, lors de sa dernière visite au Japon en 2019, Emmanuel Macron s’était engagé à agir en faveur de parents français dont les enfants avaient été enlevés par l’autre parent, en évoquant des «situations de détresse absolument inacceptables».



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