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Attentats de janvier 2015 : un verdict historique attendu aujourd’hui


La cour rend son verdict ce mercredi à 16 heures. Lundi, le procès des attentats de janvier 2015 à Paris a pris fin, avec les plaidoiries de la défense et les derniers mots des accusés, 54 jours après son ouverture et quasiment six ans après les faits.

Parmi les accusés, Nezar Mickaël a notamment confié à la cour n’avoir «jamais eu aussi peur de (s)a vie de la justice de (s)on pays». Il fait partie des quatorze accusés, onze étaient présents et trois sont jugés par défaut, dont la compagne en fuite d’Amédy Coulibaly, Hayat Boumeddiene.

Pendant cinq jours, la défense s’est élevée contre le risque d’une «exemplarité» pour pallier l’absence des frères Saïd et Chérif Kouachi et Amédy Coulibaly, abattus par les forces de l’ordre après leurs attaques qui ont fait 17 morts pendant trois jours en janvier 2015 dans la capitale française.

Mardi dernier, le parquet national antiterroriste a requis de lourdes peines, de cinq ans d’emprisonnement à la réclusion criminelle à perpétuité, contre les quatorze accusés soupçonnés de soutien logistique aux auteurs des attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher et pour deux d’entre eux de «complicité».

Des «peines de malades»

Le principale accusé, Ali Riza Polat, s’est défendu d’avoir joué un rôle lors des attaques : «J’ai vraiment pas fait tout ce que vous dites». La réclusion à perpétuité a été requise contre celui qui est accusé d’être le complice des frères Kouachi et de Coulibaly. Il aura marqué les trois mois d’audience par ses invectives et ses coups de colère.

Ses coaccusés se sont eux aussi à nouveau défendus d’être des «terroristes» et nié tout «lien» avec les attaques. Selon les avocats généraux, ils étaient la «cheville ouvrière» et la «base arrière» des attentats. Sans eux, le «trio» formé par les frères Kouachi et Coulibaly «n’était rien», avaient appuyé les magistrats.

En réponse aux «peines de malades» requises -selon les mots d’une avocate-, la défense a dénoncé un dossier «friable» et «vide» de preuves, et s’est engouffrée dans les zones d’ombre de l’instruction.

Ces zones d’ombre ont été «assumées» par le parquet, qui en a rejeté la faute sur l’attitude et les déclarations contradictoires des accusés, pour la plupart jugés pour avoir recherché ou fourni des armes au trio jihadiste. La façon dont cet arsenal a transité puis atterri entre les mains des terroristes reste peu claire et les longs débats n’auront pas permis d’obtenir toutes les réponses.

Les enquêteurs ont identifié deux «filières» d’acheminement des armes retrouvées en possession de Coulibaly : l’une «belgo-ardennaise», l’autre «lilloise».

Plusieurs déplacements entre Paris, Lille et la Belgique ont ainsi été mis au jour à l’aide de la téléphonie, clé de voûte de l’accusation. Quelques traces ADN ont également été découvertes, notamment sur deux armes d’Amedy Coulibaly, celles de son ancien codétenu Nezar Mickaël Pastor Alwatik.

«Ce n’est pas le procès des auteurs des attentats»

Plaidant lundi, les avocats de ce dernier ont tancé des accusations reposant sur des «hypothèses». Après les débats, «le flou et le doute persistent et on ne peut pas être condamné sur du flou, des doutes et des supputations», a fait valoir Delphine Malapert.

Pour elle, si Pastor Alwatik doit être condamné, c’est pour avoir «touché les armes», pas pour une association de malfaiteurs terroriste criminelle.

Nezar Mickaël Pastor Alwatik est un «amoureux inconditionnel de la vie, à côté duquel vous êtes totalement passé», a déploré son autre avocate, Marie Dosé. «Il vous reste encore quelques heures pour ne pas le rater», a-t-elle dit à la cour.

«Ce n’est pas le procès du terrorisme, ni des auteurs des attentats de janvier 2015», avait insisté dans la matinée l’avocate Safya Akorri. En désignant son client Mohamed Fares et ses voisins de box, elle avait ajouté: «c’est le procès de ces hommes-là». «Vous êtes juges, vous ne devez pas céder à la peur», a-t-elle insisté.

Quelque 200 personnes se sont constituées parties civiles au procès, intégralement filmé pour les archives historiques, une première en matière de terrorisme. 

Aussi marquant que chaotique, le procès – qui devait initialement s’achever le 10 novembre – a été suspendu plus d’un mois après que le principal accusé, Ali Riza Polat, a été testé positif au Covid-19 puis victime de complications médicales.

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