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Allemagne : une ex-secrétaire de camp de concentration de 96 ans prend la fuite avant son procès


Une ex-secrétaire d’un camp de concentration nazi, aujourd’hui âgée de 96 ans, a pris la fuite avant l’ouverture de son procès à Itzehoe, en Allemagne. Elle devait être jugée ce jeudi pour «complicité de meurtre dans plus de 10.000 cas».

«L’accusée est en fuite (…) Un mandat d’arrêt a été émis», a déclaré le président de la Cour d’Itzhoe. Selon le porte-parole du tribunal, Irmgard Furchner a quitté son foyer pour personnes âgées ce jeudi matin avant de prendre un taxi. Son avocat n’a souhaité faire aucune déclaration aux journalistes.

L’accusation reproche à cette femme d’avoir participé au meurtre de détenus dans le camp de concentration de Stutthof, dans la Pologne actuelle et le premier du genre en dehors du territoire allemand, où elle travaillait comme dactylographe.

Il est également établi qu’Irmgard Furchner était la secrétaire du commandant du camp, Paul Werner Hoppe, entre juin 1943 et avril 1945.

Des ordres d’exécution tapés à la machine

Dans ce camp proche de la ville de Gdansk, périrent quelque 65.000 personnes, «des détenus juifs, des partisans polonais et des prisonniers de guerre soviétiques», a précisé le Parquet.

Selon l’avocat Christoph Rückel, qui représente depuis des années des survivants de la Shoah, «Irmgard Furchner a tenu l’ensemble de la correspondance du commandant du camp». Elle aurait ainsi «tapé à la machine les ordres d’exécution et de déportation et apposé ses initiales».

A l’issue d’une longue procédure, la justice avait estimé en février que la nonagénaire était apte à comparaître malgré son grand âge. Les auditions sont prévues pour s’étaler jusqu’en juin 2022.

Peu de femmes jugées pour ce type de faits

Huit dossiers impliquant d’anciens employés des camps de Buchenwald et Ravensbrück notamment, sont actuellement examinés par différents parquets allemands.

D’autres procédures ont dû être abandonnées en raison de la mort des suspects ou de leur incapacité physique à être renvoyés devant des tribunaux.

L’Allemagne a pour l’heure jugé très peu de femmes impliquées dans la machinerie nazie. Quelque 4.000 d’entre elles ont officié comme gardiennes dans les camps de concentration, selon les historiens.

Du garde au comptable

La jurisprudence de la condamnation en 2011 de John Demjanjuk, un gardien du camp de Sobibor, à cinq ans de prison ferme, permet désormais de poursuivre n’importe quel auxiliaire d’un camp de concentration, du garde au comptable.

Le procès d’Irmgard Furchner doit être suivi la semaine prochaine par celui d’un ancien gardien, aujourd’hui centenaire, du camp nazi de Sachsenhausen.



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