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Allègement des règles sanitaires à l’école : des profs et des parents séduits mais circonspects

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Le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, s’est dit, dimanche 7 juin, favorable à un allègement des règles sanitaires d’ici à la fin du mois, notamment pour «les repas, les récréations ou le sport». Un avis partagé dans l’ensemble par les parents d’élèves et entendu également par les enseignants, même s’ils restent prudents.

Sans surprise, la prise de parole du professeur Delfraissy, chargé d’orienter l’exécutif dans la crise sanitaire, a particulièrement été suivie par le personnel éducatif, mais aussi les familles, en première ligne.

Hubert Salaün, porte-parole de la PEEP, la Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (PEEP), salue ainsi la prise de position du président du Conseil scientifique car, dit-il, sa parole est la plus «légitime».

Parents et enseignants partagés sur les études scientifiques

«Le constat, c’est qu’aujourd’hui on se retrouve avec une école quasi-médicalisée par rapport au reste de la société. Les commerces ont rouvert, les terrasses aussi, les déplacements se font dans les familles, bientôt elles partiront en vacances. Le fait que l’école soit toujours dans un cadre aussi strict, nous semble donc difficile à comprendre, notamment au regard des dernières études scientifiques», souligne-t-il.

De son côté, Francette Popineau, co-secrétaire générale et porte-parole du SNUipp-Fsu (Syndicat national des instituteurs, professeurs des écoles et Pegc, majoritaire) se montre toutefois plus mesurée.

«Bien sûr, les enseignants seraient ravis de retrouver une école la plus normale possible avec ce que cela implique en matière de socialisation, d’apprentissage et de vie en commun. Il ne faut cependant pas confondre ce que l’on souhaite et les mesures sanitaires indispensables à adopter en la période», met-elle en garde.

Sur la question des études scientifiques, notamment, la porte-parole du syndicat enseignant insiste sur la nécessité de rester prudent. 

«D’après le professeur Robert Cohen, (qui, jeudi 4 juin, a dévoilé les résultats d’une étude menée auprès de 605 enfants en Ile-de-France), les enfants ne seraient pas transmetteurs du virus, mais cette étude a été faite chez des filles et garçons en confinement et non en collectivité. D’autres études, comme celle du docteur Drosten, en Allemagne, disent que jusqu’à un tiers des enfants ont une charge virale suffisante pour être vecteurs du coronavirus. Alléger, par exemple, les mesures pour permettre aux enfants de jouer ensemble lors des récréations serait une bonne chose, encore faut-il que cet assouplissement soit adossé à des données médicales croisées et sérieuses», explique-t-elle.

A ce stade, la syndicaliste indique que le SNUipp-Fsu attend surtout, et «avec impatience», l’étude de l’institut Pasteur portant sur les enfants, et dont les résultats doivent être connus dans les tous prochains jours.

Se préparer à tous les scénarios pour la rentrée de septembre

Au-delà d’un éventuel assouplissement limité au périscolaire, enseignants et parents d’élèves restent également très attentifs à ce à quoi pourrait ressembler la prochaine rentrée scolaire de septembre, certes très attendue mais aussi, d’une certaine façon, redoutée.

«Ce qui est certain c’est qu’il y aura toujours un protocole sanitaire à respecter, tout simplement parce que nous n’imaginons pas qu’un vaccin puisse être prêt pour la rentrée», prédit déjà Hubert Salaün. «La question est donc de savoir quel sera précisément ce protocole et est-ce qu’il permettra d’accueillir tous les élèves».

«Il faut se préparer à tous les scénarios, abonde Francette Popineau, et ce qu’il faudrait déjà faire, c’est un bilan d’étape pour savoir où nous en sommes précisément. Cela pour envisager tous les cas de figure allant d’une situation disons ‘favorable’ – mais où il faudra de toute manière reprendre les apprentissages qui auront été négligés – à celui qui serait peu ou prou la situation actuelle avec un tiers des élèves environ en classe, et enfin surtout, de savoir ce que l’on fait si on se retrouve avec un virus très actif».

Dans ce contexte, le SNUipp-Fsu indique avoir fait, à deux reprises, une demande au ministère de l’Education nationale pour travailler de concert et parer à toute éventualité. 

«Notre demande est jusqu’à présent restée lettre morte et nous la réitérons aujourd’hui auprès du ministre Jean-Michel Blanquer pour qu’il nous reçoive rapidement», indique Francette Popineau.

Lutter contre les inégalités

D’un point de vue purement logistique, Hubert Salaün, craignant que les écoles ne soient pas en mesure d’accueillir tout le monde en septembre, n’exclut pas non plus qu’il faille ouvrir plus largement les établissements en ayant recours davantage aux salles municipales par exemple. L’objectif premier étant d’assurer une égalité devant l’école.

«En tant que fédération de parents d’élèves, notre crainte est que, si l’école publique n’est pas en mesure d’assurer sa mission, les parents qui le peuvent se retournent massivement vers le privé. Et je ne parle pas de l’enseignement catholique, mais de structures comme des cours de soutiens ou de stages d’études dédiés enclins à trouver dans les insuffisances de l’école publique un intérêt», explique-t-il.

Comme une réponse anticipée à cette inquiétude, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a d’ailleurs justement détaillé, samedi 6 juin, les modalités d’un dispositif d’études spécifique pour les mois de juillet et d’août. Nommé «vacances apprenantes», il est censé permettre à un million d’enfants d’avoir des vacances plus studieuses cet été, pour rattraper une partie du retard accumulé pendant la période de confinement.

«Sur le principe, c’est une bonne chose. Les vacances apprenantes doivent s’adresser en priorité aux élèves les plus en difficulté. Néanmoins on se demande quand même comment l’école va pouvoir travailler avec les familles concernées parce qu’on constate que ce sont précisément les enfants de ces familles qui sont le moins revenus dans les établissements en mai», souligne Hubert Salaün.

Francette Popineau insiste par ailleurs sur le fait que, si l’idée des «vacances apprenantes» est recevable, encore faut-il que le dispositif ne transforme pas les vacances, qui sont «importantes», en des «pseudo-apprentissages délivrés par des gens qui ne sont pas formés».

Pour la porte-parole du SNUipp-Fsu, il apparaît également important de rappeler que, quelles que soient les décisions mises en place, «il faut laisser le temps aux enseignants et aux équipes pédagogiques de préparer les choses et se coordonner, de parler aussi aux familles, cela pour faire en sorte que tout se passe du mieux possible».

Francette Popineau et le président de la PEEP se rejoignent enfin sur un point : celui d’agir avant tout dans l’intérêt souverain des enfants, cela encore plus dans cette période des plus compliquées. Tous deux estiment par ailleurs qu’il faudra du temps pour évaluer précisément l’impact de la pandémie et du confinement chez les plus petits, comme chez les adolescents.

«Psychologiquement on mettra du temps à mesurer précisément cette souffrance non seulement des enfants, mais aussi de leurs parents, et globalement celle de toute la société en général», résume Hubert Salaün.

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