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Abolition de l’esclavage : une cérémonie ce lundi à Paris


A l’occasion de la journée commémorant l’abolition de l’esclavage, Emmanuel Macron préside, ce lundi 10 mai à Paris, une cérémonie marquée par les 20 ans de la loi Taubira. Quelques jours après les controverses liées au bicentenaire de la mort de Napoléon, le chef de l’Etat pourrait se saisir de l’occasion pour en appeler à l’apaisement.

Sur la forme, cette Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, de son nom officiel, ne devrait que peu différer des éditions précédentes, en dehors des restrictions sanitaires liées à l’épidémie de coronavirus.

C’est la troisième fois depuis le début du quinquennat que le chef de l’Etat se rendra dans les Jardins du Luxembourg, en plein centre de Paris, pour se recueillir devant le monument commémorant l’abolition de l’esclavage.

Il sera pour l’occasion accompagné de plusieurs personnalités dont cinq ministres : Gérald Darmanin (Intérieur), Eric Dupond-Moretti (Justice), Jean-Michel Blanquer (Education), Roselyne Bachelot (Culture) et Elisabeth Moreno (Egalité entre les femmes et les hommes et Diversité).

Leur arrivée est prévue pour 15h45, la cérémonie à proprement dite devant quant à elle commencer cinq minutes plus tard. Celle-ci doit démarrer par la lecture de trois extraits du travail des élèves des classes lauréates du concours national de la Flamme de l’Egalité, et une lecture d’un extrait du discours de Christiane Taubira, prononcé devant l’Assemblée Nationale le 18 février 1999, par la comédienne Yasmina Ho-You-Fat.

20 ans de la loi Taubira

Cette journée de commémoration prend cette année en effet un relief particulier dans la mesure où la date coïncide avec les vingt ans de la loi de 2001 «tendant à la reconnaissance de la traite de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité».

Ce texte, fruit du travail acharné de Christiane Taubira, alors élue de Guyane et rapporteure de la loi, avait été adopté à l’unanimité des députés (6 avril 2000) puis des sénateurs (10 mai 2001) en plus d’être soutenu à la fois par Jacques Chirac et Lionel Jospin.

La cérémonie de ce lundi se poursuivra ensuite en musique, avec un air traditionnel guadeloupéen «Elwa ou ka vwayajé», pour s’achever par des dépôts de gerbes et une minute de silence rompue par une Marseillaise interprétée par les lauréats du concours «Voix des Outre-mer».

Calmer les crispations identitaires

Sur le fond, la journée commémorant l’abolition de l’esclavage se confronte toutefois à un calendrier des plus particuliers. Les polémiques liées à une autre commémoration, le bicentenaire de la mort de Napoléon, viennent en effet à peine de s’achever qu’elles pourraient se raviver.

Pour rappel, en France, la première abolition de l’esclavage se fit le 4 février 1794 mais pas partout. En 1802, par une loi du 20 mai, Napoléon Bonaparte décida de «maintenir» l’esclavage là où il n’avait pas été aboli, tout en le rétablissement et cela plus particulièrement en Guadeloupe et en Guyane.

«C’est la seule fois dans l’Histoire qu’un pays rétablit l’esclavage après l’avoir aboli», constate à ce propos une note récente et implacable de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage. Dans la foulée, le «code noir» de Louis XIV fut réinstauré et il faudra attendre le rétablissement de la République (décret du 27 avril) pour que l’esclavage soit définitivement aboli en France.

Aujourd’hui, plus de 170 ans après son abolition, entre discriminations, racisme, contrôles au faciès, les effets de l’esclavage restent «pesants» en France, estime Christiane Taubira dans un entretien à l’Agence France-Presse rendu public ce dimanche.

Dans ce contexte, il ne fait quasiment aucun doute que, dans son discours, le chef de l’Etat devrait prendre le soin par ses mots de ne pas raviver des crispations identitaires déjà bien exacerbées. Reste que cette prise de parole et cet appel à l’apaisement pourrait, une fois encore, être télescopée par un autre fait brûlant d’actualité.

Alors que le pays vit toujours sous tension entre une partie de la population qui accuse les forces de l’ordre de «racisme» et de «violences policières», le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) doit rendre ce lundi sa décision suite à une plainte déposée par la famille d’Adama Traoré contre un policier pour injure et diffamation.

La famille d’Adama Traoré reproche au fonctionnaire de l’avoir traité de «violeur» alors que la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (Civi) a bien établi des faits d’agression sexuelle à l’encontre d’Adama Traoré sur un codétenu, deux mois avant sa mort en 2016. Sa soeur, Assa, livre depuis un combat féroce contre les policiers, les gendarmes et la justice.

Assa Traoré est d’ailleurs elle-même poursuivie dans une autre affaire de diffamation, après avoir publié un texte sur Facebook dans lequel elle accuse les gendarmes d’avoir tué son frère, en citant publiquement leurs noms. L’audience s’est tenue la semaine dernière et la décision doit rendue le 1er juillet. Par ailleurs, dans un entretien récent au magazine Causette, Christiane Taubira a confié son admiration pour le combat mené par Assa Traoré tout en lui réitérant son soutien.



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