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A Conflans-Saint-Honorine, des roses blanches en hommage à l’enseignant décapité

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Les fleurs s’amoncellent devant le collège du Bois d’Aulne. En file indienne, des dizaines d’élèves et de parents se succèdent pour déposer une rose blanche au pied des grilles. Pas un mot, pas un bruit, juste quelques affichettes «Je suis enseignant» brandies comme un défi à l’horreur.

Au lendemain de la décapitation d’un professeur d’histoire, Samuel Paty, qui avait montré des caricatures de Mahomet à sa classe, la ville de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) reste comme tétanisée.

Escortés par des CRS, des élèves accèdent timidement à l’établissement. A l’intérieur, des équipes du Samu du centre hospitalier de Versailles, la préfecture des Yvelines et le rectorat de Versailles ont mis en place une cellule psychologique.

«C’est l’horreur, c’est très compliqué de discuter avec mon fils de ce qu’il s’est passé, ce matin il ne veut même plus en parler», explique une mère de famille, qui préfère témoigner sous couvert d’anonymat, car son «fils n’aimerait pas voir mon nom dans la presse».

Hommages à l'enseignant décapité devant l'école à Conflans-Sainte-Honorine, le 17 octobre 2020 [Bertrand GUAY / AFP]

Hommages à l’enseignant décapité devant l’école à Conflans-Sainte-Honorine, le 17 octobre 2020

Marie, actuellement en seconde, est venue devant son ancien établissement déposer des fleurs en «hommage à son ancien professeur». «Je me souviens de son cours sur la liberté d’expression. On avait parlé de Charlie, on avait fait des dessins qui sont encore accrochés dans le collège», explique la jeune fille, émue, venue avec deux copines.

Selon les premiers éléments de l’enquête, l’enseignant avait montré à ses élèves, la semaine dernière, une caricature de Mahomet, dans le cadre d’un cours sur la liberté d’expression.

Un signalement était parvenu à Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE, la première association de parents d’élèves, qui a fait état «d’un père extrêmement énervé».

«Faire face»

Hugo, en 3e, était un des élèves de Samuel Paty, qui lui dispensait des cours de soutien chaque semaine. «Il était super, très conciliant, et à l’écoute», assure-t-il. Mais «depuis la semaine dernière l’ambiance était tendue, c’était sûr que ça allait mal finir».

Sa mère Sabrina acquiesce : «il m’en parlait beaucoup depuis une semaine, on a même reçu un texte de la principale sur l’intranet, qui disait qu’il y avait des problèmes entre des parents d’élève et ce prof».

«Chacun apportait son opinion pendant ses cours, c’était super. Maintenant il faut continuer et faire face, il ne faut pas leurs donner raison», lance un ancien élève, aujourd’hui en classe de première à Gennevilliers.

Plus loin, Ludovic, 40 ans, père d’une fille de 13 ans en 4e au collège, peine encore à croire ce qui s’est passé la veille. «Comment croire qu’un professeur qui avait montré des dessins se fasse décapiter ?», s’interroge-t-il, dans un flot de paroles.

Dans le quartier du collège, la sidération n’est pas retombée.

Recueillement devant l'école de Conflans-Sainte-Honorine, le 17 octobre 2020 au lendemain de l'assassinat par décapitation d'un de ses enseignants [Bertrand GUAY / AFP]

Recueillement devant l’école de Conflans-Sainte-Honorine, le 17 octobre 2020 au lendemain de l’assassinat par décapitation d’un de ses enseignants

«Des jeunes nous criaient +rentrez vite chez vous, il y a quelqu’un qui a des armes+ mais nous avons cru qu’ils faisaient des blagues», raconte Marie-Claude, 74 ans, en peignoir devant la grille de la maison qu’elle occupe depuis quarante ans, juste en face de l’établissement scolaire.

«C’est seulement en regardant les informations hier soir que nous nous sommes rendus compte que c’était vrai», ajoute la retraitée, «effrayée».

Retrouvez toute l’actualité sur l’attaque ICI



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