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3 livres pour savourer l’instant présent


Face aux restrictions sanitaires et à l’incertitude, il est bon de faire une pause pour tenter de profiter malgré tout des plaisirs du quotidien. Voici 3 livres pour réfléchir ou s’émouvoir. Comme des bouées par temps de mer agitée. Laissez-vous guider.

LA VIE EN RELIEF, DE PHILIPPE DELERM

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«La vie en relief» est une ode à la joie. Au sens strict du terme. C’est-à-dire «un sentiment de plaisir, de bonheur intense, caractérisé par sa plénitude et sa durée limitée». Tout y est : ce livre est celui du temps qui passe mais surtout du temps qui s’arrête. Ses courts chapitres proposent des photographies d’instants vécus, intensément. D’autant plus forts qu’ils sont fugaces, laissant derrière eux un parfum d’éternité. Il y a le souvenir des parties de foot, enfant, avec les moyens du bord. Une capsule de bière dans la rue faisait bien l’affaire. Puis les matchs, les vrais, et la «magie du coup de sifflet (…). L’urgence d’un présent absolu, qui ouvre le champ de tous les possibles». Remontent alors, de loin, les émotions de chacun des spectateurs, associées au foot, tandis qu’ils vibrent à l’unisson. C’est ça le coup de sifflet. Il y a aussi la description d’une photo de vacances, «un clair-obscur», prise un été dans les Landes, par Vincent Delerm, le fils de l’auteur. On y devine ses parents de dos, amoureux. Une félicité immortalisée, désormais punaisée sur un mur, pour déjouer la course des années qui s’écoulent.

Philippe Delerm sait admirablement retranscrire les sensations et les sentiments du quotidien. La fragilité constante et l’inquiétude aussi, exacerbées par la pandémie, également évoquée. «Le bonheur, c’est d’avoir quelqu’un à perdre», écrit-il. Les réminiscences prennent vie sous sa plume si bien que le passé devient présent dans une douce mélancolie. Point de nostalgie pour autant mais une furieuse envie de s’ancrer dans le réel, par l’écriture, jusqu’à en extraire l’essence. Et apporter au lecteur une parenthèse de grâce absolue.

La vie en relief, de Philippe Delerm, Le Seuil, 240 p., 17,50€.

Philippe Delerm fait paraître «La vie en relief» au Seuil

LE SEL DE LA VIE, DE FRANCOISE HÉRITIER

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Un jour, Françoise Héritier reçoit la carte postale d’un ami, éminent professeur, très accaparé par son travail. Celui-ci lui écrit de l’île de Skye et débute son propos par «Une semaine « volée  » de vacances en Ecosse». Il n’en fallait pas plus à la célèbre anthropologue pour lui démontrer, lettres à l’appui, que notre grand clinicien passe à côté de sa vie. Ou plus exactement ce qui fait le sel de sa vie. Et voici qu’elle se lance dans une longue énumération «comme un grand monologue murmuré» afin de faire jaillir cette «forme de légèreté et de grâce dans le simple fait d’exister».

On y picorera ce qui nous plaira. L’éventail est large puisque le trivial, «terminer une grosse vaisselle», côtoie la beauté «recevoir par le travers l’écume des chutes du Niagara». Les considérations existentielles y ont bien sûr leur place : «se demander si l’on apprécierait la vie monacale» ou «regretter de ne pas avoir une tête à chapeau» ! Sans oublier ces expériences – communes, qui sait – soudant à jamais un auteur et ses lecteurs : «trouver que le permis de conduire est le diplôme le plus difficile qu’on ait obtenu et le plus gratifiant».

Garder ses sens en éveil et conserver le frisson de la nouveauté est à la portée de tous. Le secret, peut-être, est de «se demander où l’on était avant de naître plutôt que ce que l’on deviendra après la mort». Et vous, qu’est-ce qui fait le sel de votre vie ?

Le Sel de la vie, de Françoise Héritier, Odile Jacob, 87p., 9,90€.

Les librairies ont pu rouvrir en novembre 2020 grâce notamment à un grand élan de solidarité

CE QUE LA VIE M’A APPRIS, DE PERLA SERVAN-SCHREIBER

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S’il ne fallait retenir qu’un mot, ce serait celui-ci : sérendipité, ou «la découverte heureuse d’une chose totalement inattendue et d’importance capitale, souvent alors qu’on cherchait autre chose». Telle est la clé de Perla Servan-Schreiber, devenue publicitaire puis éditrice, avant de se lancer dans la presse avec son mari Jean-Louis Servan-Schreiber (décédé du coronavirus en novembre dernier). Son mari justement, elle le rencontre alors qu’elle vient lui présenter un projet professionnel. Elle a 42 ans, est déjà en couple et ne vient pas du même milieu social que le célèbre patron de presse. 6 mois plus tard, ils se marient. CQFD.

Dans ce recueil d’expériences, l’auteure rappelle une vérité, ô combien oubliée : vivre est plus simple qu’on ne le croit. L’ouverture et l’acceptation sont les piliers de sa philosophie. A la question «peut-on apprivoiser la mort ?», la septuagénaire explique ne plus se préoccuper des événements qui ne dépendent pas d’elle. Une sagesse acquise au fil des années. L’idée de mal vieillir et de souffrir, en revanche, lui est insupportable. Alors pour adoucir les jours, elle garde à portée de main ses ingrédients fétiches, la cuisine, tiens, essentielle au partage, mais également la méditation, la marche, le silence ressourçant, le rire ou encore l’amour et la connaissance de l’autre. Le couple est d’ailleurs à ses yeux l’un des plus beaux combats à mener ! Ce livre est la recette joyeuse d’une existence réussie. Pas parfaite mais riche. Perla Servan-Schreiber l’affirme : «Apprentie à vie, tel est mon seul métier».

Ce que la vie m’a appris, Perla Servan-Schreiber, J’ai lu bien-être, 217 p., 5,60€.



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